On a testé… le plus haut restaurant de Paris

Vignette

125 m. Voici la hauteur à laquelle se situe la plus haute table parisienne. Sans doute l’aurez-vous peut-être reconnu sur la photo ci-dessus : oui, nous avons mangé au sein même de la Tour Eiffel, grande dame née en 1889 . Non pas au premier étage, où se situe la brasserie dite le 58, mais au deuxième. Là est perché le Jules Verne, une étoile Michelin au compteur. Et depuis la réouverture du restaurant en décembre 2007, ce n’est autre qu’Alain Ducasse him self qui a repris les rènes de ce lieu qui peut se targuer de la plus belle vue de Paris.

La vue

La vue

Une fois la Tour Eiffel atteinte, direction le pilier Sud, devant la grille qui n’ouvre ses portes qu’à midi très exactement. Etape suivante : l’accès à l’ascenseur privé qui, en plus de nous faire économiser les 8,50 € nécessaires à toute virée mécanique au second étage que paye chaque visiteur lambda,  permet d’apprécier ce sentiment unique partagé par les 115 convives venus déjeuner d’une cuisine 100% française. Aux commandes des fourneaux de cet établissement classé 5ème dans le palmarès du Figaro des restaurants qui font rêver les internautes en France, Pascal Féraud. Un Ducasse boy par excellence, passé par le Negresco à Nice, la brigade de la présidence de la République, le Louis XV à Monaco ou encore la Maison Blanche à Paris. Un chef que l’on peut d’ailleurs saluer puisqu’ il encadre près de 50 cuisiniers, dans un lieu où le gaz et la chambre froide se distinguent par leur absence.

L'assisette du Jules Vernes, proposé à 250 € à la vente

L’assisette du Jules Vernes, proposé à 250 € à la vente

Mais passons au repas, qui ne commence pas si mal : des apéritifs-crackers pas mauvais du tout, une mise en bouche au melon plutôt correcte. Sauf que la suite, appétissante sur le papier, se révèle décevante dans l’assiette. Les entrées (oeuf de poule mollet, cèpes rôtis en beaux morceaux/dodine de volaille et foie gras de canard) surprennent par leur grossiéreté, même pas dignes d’un bistrot chic. Les plats (pavé d’aigle bar meunière, artichauts poivrade en fricassée,sucs de cuisson/côte de cochon fermier au sautoir, pomme purée,sauce charcutière) respectent le contrat, sans plus. Pourtant, le pire vient avec les desserts, pourtant concotés par un pro du genre, Christophe Devoille. Le service de réservation avait pourtant été plus qu’élogieux sur celui qui avait précédé Chistophe Michalak au Plaza Athenée. Lorsque la commande arrive (palet chocolat amer et menthe frâiche/baba imbibé d’armagnac, chantilly peu fouetée), quelle déception ! Le palet passe encore mais le baba… Si seulement le mâitre d’hôtel n’avait pas déversé la moitié d’un bel armagnac 10 ans d’âge sur cette jolie brioche, peut être aurait-on ne serait que légèrement senti le goût de cette dernière. Dommage…

Le pain feuilleté est l'un des 5 pains proposé pendant la dégustation

Le pain feuilleté est l’un des 5 pains proposé pendant la dégustation

Et alors que l’estomac crie à l’indigestion, des mignardises viennent courôner le tout. Une mauvaise idée puisque ces macarons/truffes/chamallows et autres mini gâteaux, dénués d’intérêt et sans finesse, viennent alourdir notre panse déjà bien remplie..

Compte tenu du cadre extraordinaire, les vins étaient bien sûr de rigeur. Au programme,  3 verres dont un, liquoreux, dédié au dessert. Que les passionnés d’oenologie se rassurent : 430 références sont à la carte.

Baba

A noter : le Jules Verne applique la doctrine du first come first served, autrement dit premier arrivé, premier servi. Pour s’attabler juste devant la baie vitrée, il faudra donc passer un coup de fil au moins deux mois à l’avance. François Simon conseille le versant Trocadéro. N’oubliez pas de réserver au plus vite pour ne pas vous retrouver en face… d’un pilier, comme en a fait les frais François-Régis Gaudry, critique gastronomique à l’Express.

On peut apercevoir le Trophée Escoffier qui récompense l'un des cuisiniers de la brigade

On peut apercevoir le Trophée Escoffier qui récompense l’un des cuisiniers de la brigade

Verdict ? Une adresse  à faire une fois dans sa vie, moins pour l’assiette que pour la vue. Si l’on peut éventuellement pardonner les tarifs digne d’un 3 étoiles, difficile de faire l’impasse sur les mets, tant par la cohérence ou l’originalité que par la fréquence de la variété (le Jules Verne se la joue uniquement bi-saison), quand les bistronomiques d’aujourd’hui font l’effort de proposer des menus déjeuners différents chaque semaine. Heureusement que les madeleines maison offertes avant de quitter le lieu font oublier (un peu) la note très salée : 270 €, eau et vins compris.

Le Jules Verne
Avenue Gustave Eiffel
75007 Paris
01 45 55 61 44
www.lejulesverne-paris.com

 

2 Responses to “On a testé… le plus haut restaurant de Paris”

  1. Yuna3D de FullyFunny

    La vue, l’expérience laisse rêveur.. Par contre c’est vraiment dommage cette déception en cuisine, surtout quand on paye un tel prix, on s’entend à quelque chose d’irréprochable ! :-/ Très bon article en tous cas ! :-)

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